UR 2026 : Intervention de Thierry Breton
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Intervention de Thierry Breton, entrepreneur, ancien commissaire européen au Marché intérieur
Seul le prononcé fait foi.
— Ouverture
Cher François, chers amis, chers militants, chers élus,
Merci de m’accueillir ici, à l’Isle-sur-la-Sorgue.
Cette université de rentrée, année après année, tient un cap. Et depuis longtemps, elle en donne un au pays.
Nous sommes à un moment singulier. Peut-être existentiel. Un moment où la France doit choisir sa place, dans une Europe qui doit choisir la sienne, dans un monde qui a changé. Je veux vous parler, sans détour, de l’état du monde, de l’état de la France, et du chemin qui reste ouvert. Le nôtre.
— L’état du monde : une voûte qui s’est effondrée
Le monde d’après-guerre reposait sur une voûte. Trois pierres portaient cette voûte.
La première : la paix garantie. Garantie par une puissance tierce, les États-Unis d’Amérique. Pour 26 de nos 27 pays. Pas pour nous, grâce au général de Gaulle et à notre dissuasion.
La deuxième : un projet économique commun. Un grand marché intérieur. Une Europe de marchands, réinventée à l’intérieur de nos frontières, sans plus avoir à conquérir de comptoirs ni à protéger de routes.
La troisième : l’État de droit. National, européen, international. La règle plutôt que la force.
Et une clé de voûte tenait l’ensemble. Un mot. La confiance.
La confiance s’est effondrée. Le 20 janvier 2025, avec l’arrivée d’une administration américaine qui a rompu, en quelques semaines, le contrat transatlantique. Depuis, la voûte n’est plus. Ce qui apparaît à sa place a un nom : le rapport de force.
Ce monde-là va durer. Des années. Peut-être des décennies. Il faut le regarder tel qu’il est.
Autour de nous, trois puissances mobilisent leur histoire pour justifier leurs conquêtes.
La Chine convoque en permanence ses empereurs, ses amiraux, l’âge d’or de la Route de la soie. Un récit impérial tourné vers la conquête industrielle et technologique.
La Russie de Poutine se réclame de Pierre le Grand, d’Alexandre III. Il a dit à Munich, en 2007, que la disparition de l’Union soviétique était la plus grande catastrophe du XXᵉ siècle. Il en a tiré son projet : une prédation territoriale, dont l’Ukraine paie aujourd’hui le prix pour nous tous.
Les États-Unis de Trump : un imaginaire assumé de conquête, celui de McKinley en 1896, de Theodore Roosevelt en 1904. On rachète, on annexe, on menace. Le Groenland. Le Canada. Le Panama. Une posture impériale mercantile.
Ces trois puissances ont un mode opératoire commun. Fragmenter l’Europe. S’appuyer sur les forces qui, à l’intérieur de nos pays, veulent affaiblir notre projet commun.
Ce n’est pas une hypothèse. C’est écrit. La National Security Strategy publiée à Washington en décembre 2025 le dit noir sur blanc : elle désigne les institutions européennes comme obstacle, appelle à « corriger la trajectoire » de l’Europe, et regarde nos partis d’extrême droite comme des relais utiles. Le Kremlin fait exactement la même chose, avec les mêmes partis. Et Pékin avance ses pions à l’Est de l’Union.
Voilà le monde dans lequel la prochaine élection présidentielle aura lieu. Dès le premier jour du prochain mandat, il faudra affronter ces trois forces. Elles ne s’arrêteront pas parce que la France vote.
— Ce que Turnberry a révélé
Un moment a rassemblé, à lui seul, tout ce qui vient d’être décrit. Le 27 juillet 2025, à Turnberry, sur un terrain de golf appartenant à Donald Trump.
Un accord commercial y a été signé entre les États-Unis et l’Union européenne. Il faut appeler cet accord par son nom : un accord humiliant. Quinze pour cent de droits de douane sur nos exportations vers l’Amérique. Zéro sur les leurs. À cela s’ajoutent 750 milliards de dollars d’énergie américaine achetée sur trois ans. Et environ 600 milliards de dollars d’investissements engagés outre-Atlantique.
Ce n’est pas un compromis. C’est une vassalisation en route.
Cet accord, chers amis, est de ceux que j’avais redoutés. Je l’avais dit, avant même de quitter la Commission européenne, un an et demi plus tôt. Le risque était nommé : une Europe qui, faute de rapport de force construit à temps, finirait par céder. Turnberry, c’est ce qui avait été annoncé. Et j’aurais préféré, aujourd’hui, m’être trompé.
— Un continent qui a su prendre son destin en main
Il y a pourtant, dans cette Europe, un domaine où le continent a su prendre son destin en main. Le domaine où nous, nos concitoyens, nos enfants surtout, passons désormais plusieurs heures par jour. L’espace informationnel.
Sur ce terrain, l’Union européenne a construit, en quelques années, la seule doctrine cohérente au monde. Le RGPD pour les données personnelles. Le Digital Services Act pour ce qui circule en ligne. Le Digital Markets Act pour ouvrir les marchés numériques. Le Data Governance Act et le Data Act pour les données industrielles. L’Artificial Intelligence Act pour l’intelligence artificielle.
Une architecture. Portée par le Parlement européen, par le Conseil, par la Commission, avec des majorités éclatantes. Une architecture faite en notre nom à tous.
Cette architecture protège nos enfants, nos élections, nos entreprises, et notre liberté de parole.
Cette architecture, je l’ai portée, en ma qualité de commissaire européen, au nom de tous nos concitoyens européens. Et c’est pour l’avoir portée que je suis aujourd’hui interdit de séjour aux États-Unis d’Amérique.
Je ne le dis ni comme une plainte, ni comme une revendication. Je le dis simplement, comme un fait. Un fait qui, à lui seul, a valeur de démonstration. Démonstration que l’espace informationnel est devenu, entre États, un champ de conflictualité. Démonstration que, sur ce terrain, l’Europe a tenu debout. Démonstration, aussi, qu’appliquer le droit européen face aux plus puissants a un prix. Et que ce prix, il faut être prêt à le payer.
Ce qu’il faut en tirer, c’est ceci. Nous savons faire. Quand nous voulons. Quand nous agissons ensemble. Ce que nous avons su faire pour le numérique, nous devons le faire pour l’énergie, pour la défense, pour les capitaux, pour l’industrie. C’est cela, l’Europe-puissance.
— L’état de la France : la vérité budgétaire
Voilà pour le monde. Venons-en à la France.
La France est dans une situation financière très grave. Bercy l’a confirmé encore hier. Notre dette publique atteindra 119,3 % du PIB en 2026 et 121,7 % en 2027. Un niveau record depuis 1995.
De l’autre côté du Rhin, la dette allemande est autour de 63 %. Presque deux fois moins. Nos deux pays ont pourtant vécu depuis 2007 exactement les mêmes crises : subprimes, dettes souveraines, Covid, énergie, Ukraine. Résultat : l’Allemagne a tenu sa parole depuis 2009. La France a laissé filer.
Cela a un nom : nous ne tenons plus notre parole en Europe. Une parole qu’on ne tient pas, c’est du crédit qu’on perd, ce sont des taux qui montent. Prenez un entrepreneur français qui emprunte un million d’euros pour son atelier, sur vingt ans, à 4,5 %. Il remboursera un million cinq cent dix-huit mille euros. Son voisin allemand, au même moment, emprunte le même million à 3,5 %. Il remboursera un million trois cent quatre-vingt-douze mille euros. La différence est de près de cent trente mille euros. Cent trente mille euros perdus, sur un seul crédit. Voilà ce que coûte, très concrètement, une parole qu’on ne tient pas. Voilà pourquoi nos priorités — la défense, l’école, la santé, la transition — deviennent inaccessibles.
Et voilà que se prépare, pour l’an prochain, un budget encore construit sur un déficit de l’ordre de 5 % du PIB. Cinq pour cent, c’est près de 158 milliards d’euros de dette en plus, en une seule année. Ce modèle n’est plus soutenable. Ni économiquement. Ni socialement. Ni politiquement.
Je veux le dire ici très clairement, devant vous, chez lui : François Bayrou a été, comme Premier ministre, le premier à nommer ce surendettement, à alerter sur les abysses qui s’approchaient de la Nation, et à engager la France sur le chemin du redressement. C’est un acte de courage politique. Et ce chemin, il nous revient aujourd’hui de le poursuivre.
Derrière les chiffres, il y a le vécu. On gagne moins que ses parents à son âge. On voit reculer l’État, les repères, les services, la sécurité. Les Français le vivent avant même de savoir le nommer. La France est affaiblie. Elle n’est pas achevée. Elle attend qu’on lui dise la vérité, et qu’on lui propose un chemin.
— La prise en tenaille
Ce chemin, aujourd’hui, deux forces politiques prétendent l’incarner. En refusant tout le reste. Deux forces qui, chacune, mettent la France en tenaille. Deux personnalités qui en sont à leur quatrième campagne présidentielle. Ce ne sont pas des débutants.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon. Ne le sous-estimons pas. Charisme, verbe, dramaturgie. Un tribun. Mais un tribun qui a fait un choix. Confisquer la République. « La République, c’est moi. » Il l’a dit. Il l’a écrit.
Derrière la formule, un lexique. Journalistes « menteurs », policiers « factieux », entrepreneurs « nuisibles », adversaires à gauche « morts-vivants ». Zoologiser l’adversaire. L’exclure de l’humanité commune. Puis se poser en seul dépositaire du peuple. Cela s’appelle la confiscation républicaine.
Cette confiscation se prolonge en Europe. La France insoumise appelle cela « désobéissance ». Le droit européen, lui, appelle cela un manquement : mises en demeure, Cour de justice, astreintes. Et, derrière, notre coût de refinancement qui s’envole. Car les marchés regardent nos programmes à la loupe. Si un tel projet arrivait au pouvoir, leur sanction serait immédiate. Le coût de notre dette exploserait. La France basculerait, en quelques mois, dans les abysses. La désobéissance à l’Europe, ce n’est pas une posture. C’est une facture qui arrive dans les boîtes aux lettres des Français.
Non. La République n’appartient à personne. Elle est notre bien commun. Personne ne peut se l’accaparer.
À droite, Marine Le Pen. Charisme, présence, capacité à occuper le paysage. Elle aussi, quatre campagnes. Elle aussi, en tête d’un clan. Ne la sous-estimons pas non plus.
Elle a hérité d’un parti fondé sur l’idée qu’il existerait, en France, un peuple ethnique menacé par l’étranger. Trois idées reviennent : invasion, submersion, préférence nationale. Un parti qui a nommé l’euro comme l’ennemi. Qui a soutenu la Russie de Poutine — avec des prêts, avec des voyages, avec des mots. Qui a fait sa cour à Donald Trump, jusqu’à ce que ce dernier devienne radioactif.
À mesure que le pouvoir se rapproche, on lisse les mots. On met en veilleuse le Frexit. On habille l’offre. Mais sous le vernis, qu’y a-t-il ?
Il y a un chiffrage qui prétend faire 125 milliards d’économies là où il en faudrait 148. Sur quoi ? Cesser notre contribution nette à l’Union européenne — un aveu de rupture. Faire porter à l’immigration l’essentiel de la charge — l’éternel bouc émissaire. Supprimer les agences de l’État — un slogan qui ne tient pas une seconde à l’examen. Ce ne sont pas des économies. Ce sont des pis-aller.
Et surtout, il reste la matrice : la Nation transformée en propriété d’un clan. Une Nation qui appartiendrait à quelques-uns par leur naissance, et non à tous par leur histoire commune, leur langue, leurs lois et leur destin partagé.
Non. La Nation n’appartient à personne. Elle est notre vivre-ensemble. Personne ne peut nous en déposséder.
Deux confiscations. Deux postures de propriété. Aucun projet républicain. L’un aliène l’Europe par la désobéissance. L’autre par le nationalisme.
Et il faut le dire aussi clairement que possible : ni à l’extrême gauche, ni à l’extrême droite, il n’y a la crédibilité nécessaire pour redresser la France. Ni la crédibilité budgétaire. Ni la crédibilité européenne. Ni la crédibilité internationale. Aucune. Voilà pourquoi, si nous laissons ces deux forces occuper seules l’espace, si nous acceptons la fatalité d’un second tour entre ces deux visages, alors nous plongeons la France dans les abysses. Non pas dans une crise. Dans les abysses. Cela ne peut pas arriver.
— Nommer l’espace
Que sommes-nous, nous, entre les deux ?
Certains parlent d’« arc républicain ». Je n’aime pas cette expression. Elle est défensive. Elle nous condamne à défendre un périmètre.
Nous ne sommes pas un arc. Nous sommes un espace. L’espace de l’État de droit. L’espace du service. L’espace de l’action. Sans doute, aujourd’hui, l’un des derniers dans le paysage politique français à défendre pleinement l’État de droit. Et c’est cet État de droit qui doit nous permettre de bâtir le renouveau.
Une fois, une seule, laissez-moi prononcer devant vous deux phrases. Une pour chacun des deux extrêmes qui prétendent nous confisquer les mots que nous avons en partage.
« La République n’appartient à personne. Elle nous oblige tous. »
« La Nation n’appartient à personne. Elle nous rassemble tous. »
Ces mots sont à nous tous. Ils nous obligent. Ils nous rassemblent.
— Le profil requis et le projet
Alors, nous, que devons-nous faire ?
Voir le monde tel qu’il est. Dans les grandes recompositions, les peuples attendent une figure qui les entraîne. Non pas un tribun. Non pas un héritier. Un guide. Quelqu’un qui décide. Quelqu’un qui agit. Quelqu’un qui assume.
Quelqu’un qui sache diriger. Et, plus encore, quelqu’un qui sache dire non quand il le faut.
Dire non à Vladimir Poutine, qui veut faire exploser l’Europe pour la vassaliser à Moscou.
Dire non à Donald Trump, qui veut faire de l’Europe un marché captif et un porte-monnaie.
Dire non à Xi Jinping, qui veut faire de l’Europe une porte d’entrée et une chambre de sous-traitance.
Dire non aux extrêmes, qui, chez nous, servent — sciemment ou non — ces trois desseins.
Et, dans le même mouvement, il faut savoir rassembler. Rassembler les Français autour d’un chemin. Pas d’un slogan. Pas d’une posture. Un chemin. Simple. Assumé. Tenable.
Derrière ce profil, il faut un projet. Un projet simple, en trois lignes de force.
Première ligne : la crédibilité budgétaire. Une règle d’or inscrite dans la Constitution. Un déficit structurel plafonné à 1 % du PIB en 2032. Ce n’est pas de l’austérité érigée en doctrine. C’est la condition de la souveraineté. Un État surendetté n’a plus de choix. Un État désendetté peut décider. L’Allemagne l’a fait en 2009. Aucune raison qu’on n’y parvienne pas. Et pour ceux qui doutent que ce soit possible en France, je le rappelle simplement : à Bercy, avec mon équipe, nous avons ramené la dette publique de près de 67 % du PIB à 63 %, en excédent primaire, sans croissance exceptionnelle et sans cagnotte. Cela s’est fait. Cela se refera.
Le chemin, en partant d’un déficit de 5 % en 2027, représente environ 148 milliards d’euros d’effort d’ici 2032. Ce n’est pas 125. Ce n’est pas 200. C’est 148. Un chiffre net, distribué dans le temps, tenable. À cette règle d’or budgétaire s’ajouteront dix règles d’or sectorielles : éducation, défense, sécurité, famille, intégration républicaine, industrie, agriculture, et quelques autres. Toutes déjà travaillées. Toutes prêtes.
Que l’on m’entende bien : ce chemin n’est pas un chemin de rigueur. C’est un chemin de discipline. Et la discipline, dans un État, est vertueuse. Parce qu’elle rend la parole publique crédible à nouveau, elle fait baisser les taux auxquels la France emprunte. Parce que les taux baissent, la charge de la dette recule. Parce que la charge de la dette recule, des marges de manoeuvre reviennent. Et ces marges, nous les rendons aux Français : en pouvoir d’achat, en investissement, en croissance. C’est ainsi qu’un État qui redevient maître de sa parole redonne à chacun, et surtout à ses enfants, la perspective d’un avenir maîtrisé dans un monde qui, lui, ne l’est plus.
Deuxième ligne : l’Europe-puissance. Le temps de l’Europe des marchands est révolu. Il nous faut une Europe qui protège son marché, produit ses données, finance ses champions, défend son ciel, décide de son avenir. Une vraie défense européenne. Un bouclier aérien commun. Une union des marchés de capitaux qui cesse d’envoyer chaque année notre épargne financer l’Amérique. Une souveraineté informationnelle réellement appliquée. Seuls face aux empires. Mais ensemble. C’est notre chance.
Troisième ligne : la réconciliation avec ce que vivent les Français. Le trentenaire qui n’arrive pas à se loger. La femme de cinquante-cinq ans qui ne sait plus quelle règle de retraite s’appliquera à elle. Le septuagénaire qui veut vivre dignement chez lui. L’enseignant, l’infirmière, le policier, le maire, l’artisan, l’agriculteur. Ce n’est pas une ligne de programme. C’est une ligne de contrat.
Et enfin — c’est peut-être le plus important — nous devons arriver rassemblés. Toute division, dans cet espace-là, condamne le pays à un second tour d’extrêmes. Toute division est un cadeau fait à ceux qui prétendent nous confisquer notre commun.
Car ce que nous défendons, au fond, c’est ce qui fait la France depuis des siècles, et qui a refondé la Nation depuis 1945 : le contrat social et le principe de solidarité. Solidarité des actifs envers les seniors et les enfants. Solidarité des bien-portants envers les malades. Solidarité de ceux qui tiennent debout envers ceux que la vie a heurtés. Ce principe, il faut sans doute l’adapter. Il ne faut pas y renoncer. C’est notre bien le plus précieux.
Il faudra, dans les mois qui viennent, nous organiser. Trouver la méthode. Désigner celle ou celui qui portera ce chemin. C’est le travail que François nous demande. C’est le travail que nous devons.
— Clôture
Chers amis,
L’Histoire de France est faite de moments existentiels. Elle en a connu beaucoup. Souvent, elle a su se retrouver, comme par miracle, dans ce que nous appelons les unions sacrées. Ces moments où, par le fait de l’Histoire, des femmes et des hommes émergent et savent entraîner tout un peuple. Pour relever le défi commun.
Notre défi commun, aujourd’hui, tient en peu de mots. Choisir entre la confiscation et le partage. Entre la surenchère et l’action. Entre la posture et le service. Entre la division et le rassemblement.
Nous ne sommes pas les gardiens d’un ordre ancien. Nous sommes, dans l’État de droit, les bâtisseurs d’un renouveau. Un renouveau pour la France dans l’Europe. Pour l’Europe dans le monde.
Prenons ici, à l’Isle-sur-la-Sorgue, le serment d’être à la hauteur de ce défi-là.
Le moment est venu.
Je vous remercie.